Je suis intégré dans une chambre du service des grands brûlés de l’hôpital de la Conception de Marseille. Ça y est, pour la première fois de ma vie, je suis interne mais pas pour mes études. 😆

Accueil

Les premières heures dans l’intégration d’un malade en chambre sont cruciales pour son mental, pour sa faculté à accepter sa situation. Pour ça, le personnel des grands brûlés de l’hôpital de la Conception à Marseille est top. Les agents d’entretien, les aides soignantes et les infirmières ont toutes et tous une grande empathie. Ils font tout pour que l’on se sente bien.

Ils sont gentils, souriants, prévenants et disponibles malgré le nombre de chambres à gérer. Ils ont un rôle prépondérant dans le processus de guérison, et dans le mien, ils ont joué pour beaucoup.

Me voilà donc installé, je jongle entre la douleur et les médicaments passés en intraveineuse, la télé comble les silences. Au fait, en parlant de médicaments…

Retour sur les médicaments et leurs effets en début de traitement.

Les Dafalgan codéinés ont vite été trop faibles pour m’aider à lutter contre la douleur. J’ai donc eu la chance de tester l’Izalgi (paracétamol associé à un opiacé), mais la puissance de la molécule a déclenché chez moi des hallucinations ou des situations que seul moi pouvais voir. Un jour, allongé sur mon fauteuil, ma grand-mère est descendue du ciel pour me caresser les cheveux et me prendre la main. La douleur que je ressentais à ce moment là s’est apaisée… Ma respiration s’est aussi quasiment arrêtée, il était donc plus sage de changer de traitement.

Je suis passé au Tramadol qui n’est pas un dérivé de la morphine. Bon compromis !

Informations sur mon état

Mais revenons à nos moutons (En écrivant cette expression, je me suis demandé d’où elle venait, je vous en fais don : Elle vient de la littérature du XVème siècle “La farce de Monsieur Pathelin” d’un auteur inconnu. Un drapier arrive au cours d’un procès de vol de moutons et un imbroglio plus tard, le juge ne comprenant pas pourquoi on parle de draps dit cette phrase qui va rester “Revenons à nos moutons”).

Bref revenons à mes boutons.

Le docteur Hautier et Arthur, son interne, qui s’occupent tous deux de mon cas sont passés me voir en chambre. Ils m’expliquent que la brûlure par le froid chimique progresse pendant 45 jours et que pendant ce laps de temps, rien ne peut la stopper ni la freiner.

Il va falloir enlever les nécroses de chair au fur et à mesure avec un bistouri électrique sous anesthésie générale tout en continuant à enlever la fibrine et ce le plus souvent possible à savoir tous les 3 ou 4 jours.

A ce moment-là, je subis, je ne me rends toujours pas compte de la gravité de l’accident. Je suis au bon endroit et on va sûrement me guérir.

Ma première opération

Je suis incapable de me souvenir de la date et ça ne revêt aucune espèce d’importance. Je me souviens du froid, de l’attente dans le couloir avant d’accéder au bloc, peut-être n’était-ce même pas pour la 1ère.

Et puis je l’ai vu, cet ange qui allait m’accompagner dans 95% de mes opérations, Sandrine, l’assistante anesthésiste du bloc et sa capacité à me mettre dans une situation de confort en un instant. Au delà du métier qu’elle pratique à merveille, Sandrine, c’est un regard et un sourire qui envoient de l’amour et de la bienveillance. Quand elle vous tient la main, vous recevez un flux gigantesque d’énergie positive.

Puis on m’installe sur le bloc, on me prépare pour l’opération et on m’endort…

Je me réveille dans un service de réanimation, je ne maitrise ni ma respiration ni ma capacité à ouvrir les yeux. Je voudrais me réveiller mais je n’y arrive pas. Cette sensation est très désagréable, je n’aime pas du tout. Je suis entouré de personnes qui sortent, elles aussi, du bloc. Ça bipe dans tous les coins. Les bruits sont agressifs, c’est un cauchemar. Il y a des poches de sang et d’urine sur les lits de certains patients.

Petit à petit, je retrouve mes esprits, ça me semble être une éternité. Une fois stabilisé et réveillé, on me renvoie en chambre. Dieu merci !

La suite dans mon prochain article : Branché à la VAC.